Sur quel roc Christ a-t-Il bâti Son Église ?

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Sur quel roc Christ a-t-Il bâti Son Église ?

Message par Daniel le Ven 27 Avr - 7:41

Sur quel roc Christ a-t-Il bâti Son Église ?

Une grande Église prétend que son autorité s’appuie sur la prémisse que Jésus a fondé Son Église sur l’apôtre Pierre. Or, Pierre était-il le rocher auquel Christ faisait allusion ?
Sur quel roc Christ a-t-Il bâti Son Église ?
Matthieu 16:18 est un passage de l’Écriture dont on se sert pour prétendre que l’apôtre Pierre et ceux qui passent pour être ses successeurs ont reçu une autorité spirituelle quasiment illimitée. Est-ce ce que Jésus a dit ?

Jésus venait de poser une question à Ses disciples : « Qui suis-je aux dires des hommes, moi le Fils de l’homme ? » (verset 13). Pierre avait répondu le premier, donnant incidemment la bonne réponse (verset 16). Mais au lieu de féliciter Pierre pour sa bonne réponse, Jésus parla de … pierres.

« Je te dis que tu es Pierre, et que sur ce roc je bâtirai mon Eglise, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle » (verset 18).

Jésus parla de Pierre, de pierres, de Son Église, et des portes du séjour des morts (hadès) ; une déclaration certes chargée de sens ! Mais de quoi voulait-Il parler, au juste ?
Une interprétation
L’Église catholique romaine croit, en somme, que Jésus déclara ce qui suit : « Je te dis que tu es Pierre (le rocher), et que sur toi, Pierre, je bâtirai mon unique Eglise – la sainte Église catholique – et que les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle ».

Cette interprétation constitue la base de la doctrine de la primauté de Pierre, l’idée que le Christ fonda son Église sur l’apôtre Pierre. Il en serait le fondement et aurait reçu  « les clés du royaume des cieux » (verset 19) – l’autorité suprême d’établir les doctrines et de gouverner l’Église.

Cette théologie mène à la doctrine conjointe de la succession papale. L’Église catholique romaine croit que Pierre s’installa à Rome et y dirigea l’Église pendant environ 25 ans, jusqu’à son martyre en 67. Elle croit que Pierre fut le premier d’une succession de papes qui s’est poursuivie sans interruption jusqu’à notre époque et chacun de ces papes est investi de la même autorité que Christ, supposément, conféra à Pierre dans Matthieu 16:18-19.

Les conséquences

Convaincue que Pierre et ceux prétendant être ses successeurs sont le roc sur lequel Christ a bâti Son Église et sont en possession des clés, l’Église catholique romaine a, par conséquent, clamé son autorité de fixer les doctrines – modifiant le cas échéant les doctrines bibliques, ou y ajoutant quelque chose. Les catholiques prétendent que lorsqu’un pape parle ex cathedra (latin pour de la chaire [de St Pierre]), il exerce ce pouvoir dans toute sa force.

Ex cathedra affirme que « quand le pape se prononce officiellement, avec toute son autorité, en tant que successeur de St Pierre et que chef de son Église sur Terre, et proclame une doctrine de foi ou de moralité s’appliquant à toute l’Église, il est préservé de toute erreur » (John A. O ’Brien, The Faith of Millions, 1963, p 110-111 ; c’est nous qui traduisons).

En fait, l’un des titres du pape est celui de vicaire [du mot latin vicarius, qui signifie au lieu de…] du Christ, titre qui sous-entend qu’il possède le même pouvoir et la même autorité que ceux que Christ avait sur l’Église.

L’Église catholique romaine s’est servie de cette prétendue autorité pour modifier de nombreuses doctrines – ou pour en établir d’autres – qui ne sont pas enseignées dans la Bible. En voici quelques exemples :

En l’an 190, le pape Victor I déclara que tous les chrétiens devaient abandonner la Pâque biblique, et observer à la place le dimanche de Pâques qui représente la résurrection de Jésus. Ce que le concile de Nicée (en 325) confirma par la suite en le rendant officiel pour toute l’Église.

Le 8 décembre 1854, le pape Pie IX introduisit la doctrine de « l’immaculée conception » d’après laquelle la vierge Marie aurait été « préservée de toute souillure du péché original » et aurait, pendant toute sa vie, été « parfaite, belle, des plus chères pour Dieu et n’aurait jamais été souillée par le moindre défaut » (Ineffabilis Deus).

Le premier novembre 1950, le pape Pie XII introduisit la doctrine de « l’assomption de Marie », déclarant que le corps de la vierge Marie ne mourut jamais et ne vit jamais la corruption, étant « assumée corps et âme dans la gloire céleste » (Munificentissimus Deus).

Si vous êtes chrétien protestant, à la lecture de cet article, il se peut que vous ne soyez pas d’accord avec ces proclamations catholiques. Ne vous hâtez pas de distancer votre foi de ce sujet. Le protestantisme a conservé (et croit toujours, et pratique toujours) beaucoup de doctrines établies par l’Église de Rome qui se sert de son autorité supposément dérivée de Matthieu 16:18-19.

Un exemple

Citons un exemple : Votre Église se réunit-elle le dimanche – étant convaincue que c’est le jour du Seigneur ? Saviez-vous que Rome est responsable d’avoir déplacé le jour de culte biblique du septième jour, ou samedi, au dimanche ?

L’Église catholique elle-même est la première à reconnaître qu’elle s’est servie de son autorité pour effectuer ce changement. De surcroît, les catholiques ont logiquement déclaré que les protestants qui observent le dimanche le font en reconnaissant l’autorité universelle de l’Église de Rome.

James Cardinal Gibbons, un cardinal catholique, a écrit : « Les Écritures [la Bible] à elles seules ne contiennent pas toutes les vérités auxquelles un chrétien se doit de croire, pas plus qu’elles n’enjoignent clairement tous les devoirs qu’il est obligé de remplir. Sans vouloir citer d’autres exemples,  tout chrétien n’est-il pas tenu de sanctifier le dimanche et de s’abstenir ce jour-là de toute besogne servile qui n’est pas nécessaire ?...

Vous aurez beau lire la Bible de la Genèse à l’Apocalypse, vous n’y trouverez pas la moindre ligne autorisant la sanctification du dimanche. Les Écritures [la Bible] insiste sur l’observance religieuse du samedi – un jour que nous ne sanctifions jamais ».

Le Bulletin de l’Univers Catholique a publié cette déclaration, en 1942 : « L’Église a transféré l’observance du sabbat au dimanche du droit qu’elle détient de l’autorité divine infaillible qu’elle a reçue de son Fondateur, Jésus-Christ. Le protestant qui prétend s’appuyer uniquement sur la Bible comme son seul guide de foi n’a aucune raison d’observer le dimanche. »

Si vous allez à l’Église le dimanche, vous reconnaissez tacitement l’autorité de l’Église catholique romaine de modifier la révélation biblique ou d’y ajouter ce qu’elle désire y ajouter.

Ce que Jésus voulait dire

D’après Matthieu 16:18, Jésus a-t-Il bâti Son Église en Se servant de Pierre [et de ses successeurs] ou est-Il Celui, Lui Jésus, qui L’a fondée ? Examinons ce verset de plus près.

Pour comprendre ce que Jésus disait, il importe d’étudier ce passage dans sa langue originale – le grec. Jésus, dans ce verset, fait un jeu de mots qui n’est pas évident dans les diverses traductions. Pour commencer, Jésus Se sert du mot Petros en parlant de Pierre : « Je te dis que tu es Pierre [Petros], puis Il se sert d’un autre mot ayant sensiblement le même son pour décrire sur quoi [ou sur Qui] Il est en train de bâtir Son Église : Petra. « Sur ce roc [Petra] je bâtirai mon Eglise ».

Pierre s’appelait Simon, fils de Jonas (Jean 1:42), mais Jésus lui donna le surnom Céphas – mot araméen qui signifie « une pierre [un caillou] ». Les noms Cephas et Petros ont le même sens : « un fragment, un caillou » (Zondervan Expository Dictionary of the Bible Words, p 537-538). Le meilleur équivalent en français de Petros est donc le mot caillou [petite pierre].

Le second mot dont Jésus Se sert dans ce passage est petra – mot qui, lui aussi, est une pierre, mais un rocher massif [un gros rocher, comme une falaise] (ibid). Il est question ici d’un rocher de grande taille, qu’on ne peut déplacer. Si Christ avait voulu décrire Pierre, Il Se serait contenté de déclarer : « Tu es Pierre, et sur toi je bâtirai mon Eglise », mais ce n’est pas ce qu’Il a dit.

Il établit une distinction entre le rocher (petra) sur lequel Il bâtissait Son Église, et Pierre (petros). Le rocher sur lequel Il bâtissait Son Église était assez gros pour servir de pierre angulaire audit fondement ; imposant, solide et immuable – décrivant Christ Lui-même !

Ailleurs dans la Bible, Jésus est identifié comme ce Rocher. Dans le Nouveau Testament, Jésus est appelé la pierre angulaire à sept reprises (Matthieu 21:42 ; Marc 12:10 ; Luc 20:17 ; Actes 4:11 ; Éphésiens 2:20 ; 1 Pierre 2:6-7 ; et dans 1 Corinthiens 10:4, Paul décrit Christ comme « un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ »).

Jésus non seulement était – et est – la pierre d’angle, mais Il est toujours actif en tant que « la tête du corps de l’Eglise » (Colossiens 1:18 ; lire aussi Éphésiens 5:23). Christ a établi des postes dans son Église (Éphésiens 4:11), et la Bible exhorte ceux qui ont des postes de responsabilité à rester fidèles aux enseignements du Christ (1 Corinthiens 11:1). Pierre lui-même, loin de réclamer l’autorité que certains pensent qu’il avait, enseignait pleinement que les chrétiens doivent suivre les traces de Christ (1 Pierre 2:21). Pour de plus amples détails à ce sujet, lire notre article intitulé « Le christianisme était-il destiné à évoluer ? »
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